Voici la restitution de notre présentation lors de la pecha kucha de Toulouse sur le thème de la ville numérique :

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Le thème de cette soirée est la « ville numérique ». Mais autant vous l’annoncer tout de suite, nous, la ville numérique, on y connait rien. Notre truc, c’est la prospective urbaine : on prend un concept ou une théorie et on voit ce que ça peut donner… surtout si ça peut être un peu con. Et justement, pour la ville numérique, on craint quelques bugs.

Tout d’abord, application la plus évidente, en ce qui concerne le smartphone et son usage sur l’espace public.

Là, nous envisageons deux hypothèses :

  • Soit vous allez vous prendre du spam plein la gueule, ça va être dégueulasse et l’horizon numérique sera bouché.


    • Soit, autre possibilité, les villes qui veulent toujours « requalifier » leur espace public, mais ne peuvent pas aller jusqu’à se débarrasser physiquement des crottes de chiens et des clodos… ben ils vont les faire dégager virtuellement, en les remplaçant par des choses mignonnes comme des chatons ou des petites fleurs.


      Aujourd’hui, on vous parle déjà de perspectives de « réalité augmentée », demain, ils sont capables d’appeler ça la « réalité améliorée ». Entre les spams et ça, à vous de voir ce que vous préférez !

      Autre apport d’Internet, c’est la capacité des gens à se mettre en avant a travers des photos, des vidéos qui sont vues par des millions de personnes, surtout celles où les gens sont ridicules. Vous connaissez probablement une de ces vidéos et donc potentiellement un de ces protagonistes, ces grands losers publics dont tout le monde s’est moqué.

      Aujourd’hui, on les oublie très rapidement mais demain, si on les reconnait sur Internet en liant leur compte facebook à leur vidéo ridicule,on pourra identifier ces losers en ville via la réalité augmentée.


      On croise quelqu’un dans la rue, on regarde son téléphone, et hop on découvre tout son pedigree minable. On peut se foutre de sa gueule en direct.


      Et lorsque tout le monde se fout de votre gueule dans la rue, toute la journée, on imagine que ces losers vont hésiter à sortir régulièrement. Peut-être bien qu’ils n’en veulent pas de cette ville numérique. Pourtant, difficile d’y échapper, elle est potentiellement partout mais certains essaieront de se tenir éloigner des réseaux wifi ce qui aura quelques conséquences sur l’espace urbain. Nous on imagine une sorte de tunnel à loser, qui protège des ondes et des téléphones. Mauvais point pour la mixité sociale.


       

      Autre évolution à venir sur internet, où les profils de réseaux sociaux sont toujours plus complexes, ce sera la nécessité de les simplifier pour les exploiter. Les banques le font déjà pour les finances des pays, donc dans le futur on notera les gens. Il y aura une agence de notation des gens qui classera les profils de réseaux sociaux, entre les gens AAA et les personnes seulement B+.

       

      Et c’est cette notation qui rend viable la ville  numérique. Par exemple, un homme veut repérer sur son téléphone toutes les filles célibataires de Meetic qui se promènent dans la rue, ce qui lui donne beaucoup trop de données, donc inexploitable alors que, si les gens sont notés, son téléphone pourra ne faire apparaitre que les bonasses niveau 4. Merveilleux.

      Autre aspect de ce monde merveilleux : l’apparition des bonus.

      Ils vous permettront :

      – d’effacer vos sex-tapes (ou autre document numérique compromettant) du net ;

      – ou, dans un contexte où les gouvernements cherchent à faire toujours plus d’économies, ils remplaceront les aides et allocations.

      C’est numérique, donc ça doit être l’avenir, et puis quitte à être injuste, soyons au moins ludiques !

       

      Jusqu’ici, nous avons surtout envisagé la question sous l’angle de l’espace public. Mais la ville numérique va aussi influencer votre lieu de résidence, parce que vous saurez qui sont vos voisins potentiels grâce à la profusion de réseaux sociaux sur internet. Du coup, on ne se regroupera plus forcément en fonction du niveau de revenu, mais selon de nouvelles affinités, comme le fait de danser la salsa ou d’aimer Michel Sardou.

      La mixité sociale, à l’avenir, ce ne sera peut-être plus 20 % de logements sociaux, mais 6 % de danseurs de salsa.

      Cependant, ne nous voilons pas la face, avec ces regroupement, il y aura une nouvelle forme de relégation : celle des losers (on y revient).


      C’est sûr, sur le papier, ça fait plus rêver qu’un quartier de danseurs de salsa, mais il faut tout de même bien se demander si, dans l’intérêt de l’humanité et par égard pour la condition humaine… vous tenez vraiment à regrouper ces gens au même endroit.

       

      Pour ce qui est de la ville numérique… on vous aura prévenu.





       



       

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