Chers élus français,

Ce n’est pas parce quelques Mayas ont prévu la fin du monde en 2012 que nous devons nous empêcher d’imaginer à quoi ressemblera la France en 2013 et après.

Si vous voulez de la prospective urbaine de haut niveau, allez voir l’excellent travail de la DATAR. Si vous voulez de la prospective de bas niveau et rapide à lire, restez avec nous. Nous vous proposons 6 tendances urbaines pour préparer l’après apocalypse.

Pour envisager la prospective  urbaine à 10 ou 20 ans, il faut d’abord faire de la prospective à 2 mois, plonger dans les grandes tendances d’aujourd’hui. Attention, on ne parle pas des prescripteurs de tendances, des quelques hipsters qui s’intéressent surtout à être des hipsters en 2013 et en 2014. Non.  Nous nous intéressons au grand public, pas aux signaux faibles mais plutôt aux bonnes grosses tendances bien lourdes, omniprésentes, qu’on oublie presque d’exploiter.

Pour faire de la prospective à deux mois, rien de mieux que de regarder du côté des artistes, des artistes français qui enfoncent les portes grandes ouvertes de la France d’aujourd’hui.

Par exemple, en 2012, il ne faudra pas compter sur une révolution en France, nous sommes des lopettes de la rébellion. Donc pas d’inquiétudes à avoir.

 

TAL : ON AVANCE
« On avance en silence comme, comme tous ceux qui osent faire bouger les choses
Sans drapeau et sans héros, on est tous en mal d’un idéal.
On avance en silence, mais viendra l’heure où nos cris du cœur ,
On saura les faire sortir, et notre avenir on va le choisir.

On n’veut pas changer tout, d’un coup, ni refaire une revolution,
Un peu plus subtils que ce qu’on croit, on a tous une ile au fond de soi.
Et on y met nos reves en supens, et tous nos espoirs en attendant
De pouvoir enfin montrer , tout ce qu’on est. »

 

Mais attention, les Français sont tout de même prêts à livrer de grands combats pour de grandes causes. Pour illustrer cela, revenons un instant aux hispters qui révèlent bien une chose de plus en plus commune : les Français se battent pour se démarquer, pour être spéciaux. L’aspiration de tout le monde à affirmer son unicité, son identité, s’approche franchement de : « tout le monde se ressemble et fait la même chose, c’est-à-dire essayer d’être différent… » Différent mais pas trop. Le choix des prénoms en est un bon exemple. Tous les parents cherchent des prénoms étranges pour leurs gamins et sont même prêts à faire quelques fautes d’orthographes pour se démarquer de la masse.

source :  meilleursprénoms.com
En 2011, Elina, Lilly et Zélie devraient s’imposer dans le top 100 féminin ; Luka, Malone et Noham devraient faire de même dans le tableau masculin. Non loin de là, des graines de star s’élèvent dans le top 200. Les voici, classées par ordre alphabétique :

Garçons : Achille, Adem, Clovis, Ilian, Isaac, Léandre, Leny, Loan, Louca, Maé, Mahé, Malo, Milan, Milo, Nathanaël, Naïm, Nino, Pablo, Timothée, Wassim, Ylan.

Filles : Anaé, Eden, Gaétane, Hanaé, Inaya, Laly, Léona, Lili, Lily-Rose, Louisa, Lya, Lylou, Maëlie, Maëline, Maïa, Noélie, Nour, Romy, Sasha, Violette, Yaëlle.

 

Dans ce domaine, la DATAR imagine que le : « succès des stratégies d’entre-soi et d’évitement par rapport à chacun des groupes sociaux peu conformes à son identité individuelle conduit à une accentuation des logiques spatiales séparatives ».

Cela sera facilité par la montée en puissance des réseaux sociaux de quartier. Ces réseaux sociaux serviront entre autres à évaluer le voisinage et à trier (avoir plus de 65% de « j’aime » pour être accepté comme nouvel habitant du quartier). Cela donnera forcément, dans le lot, des quartiers de sales cons où chacun ne défendra que sa famille et  éventuellement son voisinage. Pour le reste, on gueulera.

réseaux sociaux de quartier

Mais bon, en 2012, on se dédouanera de tout ça grâce à un combat très confortable : mettre fin à la haine entre les peuples. Colonel Reyel le dit mieux que nous :

COLNEL REYEL : INTERNATIONAL

« j’étais,je suis,et je resterai
toujours international
face à ce qui nous divise
on reste sourd international
et on fera tout pour
sauver enfin l’amour
même s’il nous joue des tours
international
je suis toujours au rapport
présent du sud au nord,
je resterai international

ma voiture est allemande
et mes baskets sont américaines,
mon ex est asiatique
et mes vacances sont tunisiennes. »

On sera prêt à aider l’Africain à survivre à la famine. Par contre la pute congolaise de la rue d’à côté va dégager rapido.

Certes, il y aura toujours quelques artistes pour défendre les plus faibles mais bon, soyons réalistes, les Enfoirés oeuvrent avant tout pour la réinsertion de chanteurs en difficultés. Preuve en est avec leurs clips où on ne voit pas de pauvres directement. Les pauvres sont plus touchants lorsqu’on voit un chanteur qui pense à eux. Oui, en 2012, la solidarité indirecte sera belle et les français seront généreux : «je ne donne plus de pognon aux clodos dans la rue mais chaque année j’achète le DVD des Enfoirés ».

 

Dans ce monde difficile, il faudra rendre le repli sur soi plus vivable, plus légitime, quitte à mettre en avant des logiques tordues mais acceptables. Acceptables car mignonnes. En 2012, le mignon urbain explosera et justifiera le plus invraisemblable, comme par exemple comparer une crèche et un utérus… La volonté de vouloir remettre des enfants de 2 ans qui sont encore des êtres humains curieux dans un utérus géant nous échappe mais bon, c’est mignon et cela permet de dire « entrée vaginale » en comité de pilotage.

Ce côté mignon, qui commence même à être revendiqué par des grands urbanistes (Winy Maas pour le projet Bastide-Niel de Bordeaux), renvoie aux questions de confort, de repli douillet, de rencontre maîtrisée. La ville reste un territoire d’expérimentations, de découvertes, mais celles-ci sont de plus en plus canalisées.

On avait pourtant entrevu un signe de la fin du mignon, ou du moins du greenwashing, avec ce collectif qui revendiquait le slogan suivant : « nous n’irons plus au bois ». On pensait que ces mâles visionnaires en avaient marre des projets urbains avec plein d’arbres, mais en fait ils parlaient des putes et ils n’en veulent plus car ce n’est pas bien…

collectif Zéro Macho

Puisque les prostituées ce n’est pas bien, on les éloignera des centres villes en 2012. Tout comme les clodos d’ailleurs (arrêté anti-mendicité)  qui iront trouver refuge en périphérie.

Du coup, on s’amusera de plus en plus en périphérie, et surtout d’une façon beaucoup moins immédiate et intense qu’en centre-ville. En effet, la réalité augmentée mettra en avant uniquement les lieux les plus cools des centres villes, qui deviendront alors de plus en plus cools. Tout y sera possible. Une ville facile que l’on imagine ressembler à un clip de Sean Paul.

 

SEAN PAUL : SHE DOESN’T MIND

En négatif, la réalité augmentée mettra en évidence les quartiers pas cools, là où il ne se passe visiblement rien. Pourtant, en périphérie, se développera une autre façon de s’amuser, plus extensive, plus libre où l’ennui pourra trouver un terrain de jeu sans limites.

Alors bien sûr, il faudra encore quelques lieux fédérateurs pour favoriser les échanges et le vivre-ensemble. Cette capacité de souder encore un minimum les gens entre eux reposait sur les grands espaces publics et les grandes manifestations (fête de la musique, compétitions sportives). Cela restera le cas mais puisque c’est tout de même très superficiel et que ça ne fonctionne pas en profondeur (une étude anthropologique montre que les plus beaux et les plus grands espaces publics de Bordeaux sont les plus froids et les moins conviviaux), on pourrait s’orienter vers des espaces publics plus intimes, plus réduits, moins coûteux. Les contacts humains seront plus faciles et riches, surtout si on arrive à ne concentrer sur ces petits espaces publics que des gens comme soi.

Le contexte financier entrera également en compte pour les grands projets, mais pas d’inquiétude, il reste les écoquartiers discount. Ce sont même eux qui feront la soudure entre tous les éléments précédents :
Des terrains de jeu libres, sous-aménagés, là où tous les jeunes pourront expérimenter leurs conneries en toute tranquillité, même ceux des vrais écoquartiers.
Pas d’espaces publics hors de prix, on ira squatter dans les quartiers voisins ce qui nous manque.
Les nantis des écoquartiers du centre ville les appelleront les « parasites urbains », ce qui donnera de nouvelles idées pour les campagnes municipales.

Evidemment, avec ce genre d’écoquartiers, pas moyen d’installer des commerces de proximité durables mais ce n’est pas grave, il faut tout miser sur le retour de la buvette et du stand de frites mobile.
Dans les lieux qui souffrent d’un manque d’animation, cela permettra de réunir, au même endroit et au même moment, tous les voisins et les visiteurs de passage à un moindre coût.

Voilà mesdames et messieurs les élus, à vous d’orienter les axes de développement de votre ville vers telle ou telle tendance. Nous vous rappelons cependant que, bien souvent, vos administrés sont des cons et qu’ils gueulent pour un rien, surtout dans les petites communes tranquilles.

Article SUD OUEST
Mardi 29 novembre 2011
Par VIRGINIE DESMET

« Chat noir, peur bleue
Arcadio a été blessé par balle lors d’une de ses escapades. Ses maîtres sont choqués.

C’est un peu l’enfant de la maison, la prunelle de leurs yeux, qui s’est fait tirer dessus. Arcadio, 5 ans, chat noir câlin et tranquille, est revenu d’une de ses escapades en boitant, le 9 novembre.
« Je travaillais dans le jardin lorsque le plombier est venu me prévenir que le chat tentait de rentrer dans la maison et se comportait bizarrement », raconte Francesco Bianchini, le propriétaire de l’animal. L’homme constate que la patte avant-gauche d’Arcadio suinte de sang et qu’une balle est logée dedans. Il se précipite chez le vétérinaire de Thenon qui diagnostique « un os broyé » et évoque une « possible amputation ».
Pour Francesco Bianchini et son compagnon, c’est le drame. Installés depuis un peu plus de six mois sur les hauteurs de Fossemagne, « dans un paradis de 13 hectares » où ils étaient venus chercher le calme et « la sécurité », ils ont l’impression de voir leur nouvelle vie virer au « cauchemar ».

Le couple inquiet
« Heureusement, la clinique où notre chat a été opéré le 14 novembre a fait un formidable travail : la patte a été sauvée », témoigne Francesco, soulagé. Mais la page de l’incident n’est pas tournée pour autant. Le couple est échaudé. Il se demande s’il a bien fait de venir vivre ici, s’il s’agissait d’un acte volontaire ou d’une balle perdue ; d’un chasseur, d’un braconnier ou d’un individu malveillant. Et si ça s’est produit sur ses terres…
« On ne se sent plus suffisamment en sécurité chez nous », confie Francesco Bianchini, qui a déposé une plainte auprès de la gendarmerie de Thenon afin de tirer l’affaire au clair et ainsi « de retrouver confiance. »

Chasseur compréhensif
Par ailleurs, le couple a rencontré le président de la société de chasse de Fossemagne, Jean-Michel Desmortier. L’homme leur a appris que l’ancienne propriétaire de leur domaine avait autorisé les chasseurs à passer sur ses terres. « Mais je respecte la volonté des gens, déclare-t-il. Par conséquent, j’ai assuré à M. Bianchini et à son ami que les adhérents de la société de chasse de Fossemagne n’iraient plus chez eux. »
Jean-Michel Desmortier leur a également conseillé de « mettre un collier fluo » autour du cou d’Arcadio et d’aller à la rencontre du voisinage « pour l’informer de l’existence du chat ». Il ajoute : « À plus de 200 mètres de l’habitation, un chat domestique est considéré comme un chat haret », c’est-à-dire retourné à l’état sauvage. Cela ne le rend pas chassable, mais peut lui causer d’autres soucis propres aux animaux en divagation.
Francesco Bianchini et son compagnon ont demandé à rencontrer le maire de Fossemagne, Annie Delage. Elle aussi comprend la « souffrance » vécue par les propriétaires d’Arcadio. « Mais des accidents de chasse, s’il s’agit bien de cela, ça arrive, dit-elle. Et pas seulement aux chats. Une fois, mon père, en voulant tirer sur un lapin a touché mon grand-père : la balle avait ricoché sur un rocher. »
On pourra lui donner toutes les anecdotes du monde, Francesco Bianchini ne veut pas se résigner : « La mentalité courante semble accorder indulgence à qui rôde dans les bois avec un fusil. Je n’accuse personne, mais j’aimerais que la communauté soit moins résignée et plus vigilante à l’avenir. »
Pendant ce temps, Arcadio se remet de sa blessure en lézardant, dans le grand jardin de ses propriétaires. L’air serein et nonchalant, comme si rien ne s’était passé. Sauf qu’il n’a plus le droit de s’éloigner. Pour l’instant.« 

Francesco Bianchini n’ose plus laisser son chat Arcadio s’éloigner de la propriété. PHOTO V. D.

C’est vrai que le sentiment d’insécurité nous semblait réservé à quelques quartiers difficiles mais il faut admettre que l’insécurité des propriétaires de chats est forte à la campagne. Par contre, si on fait un comparatif entre les chats et les délinquants, cela devient légèrement perturbant.

Quand on voit un chat, on pense à :
Le chat tranquille lézarde toute la journée au soleil. Le soir, ce petit chenapan a encore dérobé quelques croquettes directement dans le paquet mais ces vifs miaulements me font vite oublier sa vilaine petite bêtise. Oh et voilà RonRon, le chat du voisin qui répond aux miaulements du premier. Quelle charmante scène.

Pour un délinquant, on pense à :
Le jeune délinquant a encore glandé toute la journée contre le mur de l’immeuble. Pas étonnant qu’il soit aussi bronzé… Et le soir il est encore aller voler un pack de bière chez le modeste petit épicier du coin. Et voilà, putain ! 22h, ce con de merdeux commence à gueuler en bas de l’immeuble avec ses amis chômeurs. J’te ferais dégager toute cette merde à grands coups de pied au cul !

A première vue, c’est la même chose, donc pour l’année 2012, nous vous souhaitons une année sans ces saloperies de chats.

 

L’équipe de DeuxDegrés

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