DEUX DEGRES
Urbanisme, société, prospective
SAGA DE L’ETE – 1

Voici le premier épisode de la mauvaise saga de l’été rédigée par notre stagiaire.

 

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Le Clos des Chênes Verts – épisode 1

J’ai lu le texte de M. François Dumont sur les lotissements pavillonnaires. Un texte dans lequel le mépris a pris le pas sur la sensibilité qui doit constituer un élément essentiel du travail de l’urbaniste. L’urbaniste doit appréhender toute la substance d’un lieu afin de le magnifier par des actions ponctuelles. L’urbaniste est un artiste qui sait corriger un espace en esquissant quelques coups de pinceau. De toute évidence, M. Dumont, tient plus du peintre en bâtiment.

Les lotissements pavillonnaires ne sont pas une fatalité. Ils peuvent évoluer avec douceur. Je vous en donne la preuve avec le travail que je viens de réaliser sur le Clos des Chênes Verts, un lotissement sur la route entre Bordeaux et la côté médocaine. Connecté par une seule voie d’accès à la route du bourg, le lotissement était un espace fermé et très peu accessible. Si cela n’a jamais été clairement exprimé par ses habitants, j’ai bien perçu qu’ils souffraient de cet isolement. D’autre part, les voies tournicotantes et les impasses créaient une grande confusion pour les rares visiteurs. Afin de remédier à cela, il a suffit de faire disparaître les raquettes et autres impasses en prolongeant les rues. De nouvelles ruelles ou pistes douces se faufilant entre les maisons ont ouvert le lotissement de part et d’autre. Tout le monde pouvait le traverser aisément. Une fois l’accessibilité réhabilitée, il a fallu recréer un espace de rencontre qui puisse accueillir tous ces nouveaux badauds à la recherche d’urbanité. Une maison a été rasée puis le terrain a été aménagé en place publique très appréciée par les habitants du quartier. Ici une partie de cartes à l’ombre d’un arbre, là deux mamans surveillants leurs enfants jouant non loin d’une liaison douce.

L’ancien espace vert du quartier, un espace délaissé et à l’écart des maisons, a été transformé en mini-centre écocitoyen rassemblant une zone de tri de déchets et des panneaux pédagogiques sur le développement durable.

Concernant la densité, un remembrement de quelques parcelles a permis de recréer de nouveaux petits logements. Une forme d’habitat intermédiaire mixte permettant d’accueillir des étudiants ou des personnes âgées isolées et enrichissant la diversité des habitants du lotissement.

Enfin une noue paysagère a été créée, achevant ainsi la transformation de ce lotissement classique en écoquartier modèle. Ecoquartier parfaitement intégré aux paysages locaux et à l’architecture vernaculaire du Médoc. D’un côté, la proximité d’une casse auto dans laquelle circulent librement quelques poules contribue à la valorisation du patrimoine local. De l’autre, l’éco-lotissement ouvre sur des parcelles de vignes. Ces dernières, enserrées entre différents lotissements, constituent un poumon vert si typique et précieux pour les Médocains. Grâce à l’aménagement de deux sentes piétonnes, ces derniers peuvent directement rejoindre leur territoire de chasse depuis chez eux, sans avoir recours à leurs véhicules.

Cette transformation douce et progressive a fait évoluer les comportements des habitants du Clos des Chênes Verts vers une citadinité plus respectueuse des enjeux environnementaux. J’ai constaté une nouvelle et belle ouverture d’esprit, une progression rassurante du sentiment d’urbanité, les habitants regardant avec curiosité et appétit tous les changements et les nouveaux usages se développant dans leur voisinage.

 

Vincent Dejean, urbaniste sensitif


 

10 Comments to “SAGA DE L’ETE – 1”

  1. habitante du clos des chênes verts dit :

    Depuis les travaux dans le lotissement, j’ai peur. Je passe des heures à la fenêtre pour guetter les étrangers qui viennent chez nous faire on ne sait quoi. Ce n’est pas rassurant 

  2. cloclo dit :

    Moi je suis satisfait. Les jeunes du quartier arrêtent de trainer avec leur scooter sur l’espace vert derrière chez moi. Depuis qu’il y a les poubelles à la place, ils sont sans cesse dérangés. Par contre, ce serait bien que les éboueurs passent tous les jours vider le bac à compost, c’est une infection 

  3. kev33 dit :

    L’urbanisme, ca fé chié. Depuis ki y a plus le terrain vague derrière ché cloclo le bléro, on peu plu se roulait des pelles en douce apré les cour. On passe pour dé puceaux au collège

  4. Ptitange dit :

    Je n’ose plu sortir de chez moi à cause de toutes ses voitures qui passent par nos routes. Mes enfants risquent de mourrir tous les jours à cause de la circulation. Ils ne peuvent plus jouer au foot dans l’ancienne raquette. J’exige des ralentisseurs.

  5. Serge Renaudie dit :

    madame ptitange, j’ai bien peur que des ralentisseurs ne suffisent pas. Ce qu’il nous faut pour ralentir les voitures, ce sont des plateaux

  6. René dit :

    S’ils ont suffisamment haut, les plateaux empêcheront-ils les marginaux de venir habiter dans les nouveaux petits logements construits et de venir sur notre place de quartier ?

  7. Bordeauxforever dit :

    Alors les médocains, on se chie dessus à cause des nouvelles têtes qui traînent dans votre quartier? C’est vrai que vous êtes habitués à ce que tout le monde se ressemble de par chez vous, comme vos pavillons pourris

  8. lili dit :

    Plutôt que d’avoir peur des étrangers, vous devriez vous préoccuper de la planète qui est en train de mourir à cause de vos façons de vivre dans vos lotissements. Gaspilleurs de ressources!

  9. Pippa dit :

    j’ai ri sur le cliché Noue / EcoQuartier ^^

  10. Pauillac te claque dit :

    Le bon coin : offre deux Cuivré des marais ramassés dans l’après midi en Dordogne à toute association écolo afin de les mettre dans le tracé de la déviation pour bien faire chier tout le monde.
    PS : en effet je ne connais pas bien le futur tracé, donc je ne veux pas mettre les papillons moi-même … on n’est jamais trop prudent !

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