DEUX DEGRES
Urbanisme, société, prospective
PETIT PARIS
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Suite à notre publication de ce texte sur le Petit Paris,  il y a eu visiblement quelques incompréhensions.

Renaud nous dit :

« Un petit Paris, pourquoi pas, mais sérieusement, vous n’avez pas un argument qui ne repose pas sur des ressenties flous fondés sur des lieux communs teintés d’un brin d’anti-parisianisme »

 

Jules rajoute :

« Rassurez-moi aussi, c’est bel et bien du second degré ou un vulgaire torchon bourré de clichés? Une bonne idée ce petit Paris mais soutenue avec un ramassis de clichés fondés sur quoi? Sur votre expérience personnelle? Des idées préconçues? »

 

Nous tenons à vous rassurer, nous ne connaissons pas très bien Paris et les conditions de vie de ses habitants alors, afin de construire notre réflexion,  nous nous sommes appuyés sur des éléments factuels et sur le diagnostic des 10 équipes du Grand Paris, experts incontestables du sujet.

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>>>DIAGNOSTIC<<<

 

Prenez les aliments les plus consommés à Paris (enfin plutôt les aliments les plus surconsommés par rapport à la moyenne nationale – tous les détails dans cette étude), à savoir :

boissons aux fruits réfrigérés     + 224%

soupes et sauces fraîches             + 216%

lait frais                                                + 184%

jus de légume                                     + 141%

salades et crudités préparées     + 112%

tequilla                                                 + 111%

produits diététiques                       + 102%

Quelles conclusions peut-on en tirer lorsqu’on s’aperçoit que les départements de l’Ile-de-France sont presque les seuls du pays à ne pas placer, dans leur top 5  des produits surconsommés, un alcool ou une spécialité culinaire locale ?

Voici à titre d’exemple les produits surconsommés dans le Cantal :

Gentiane                                               + 1135%

Conserve de viande                         + 178%

Pâté, confit, rillette                          + 120%

Vin doux naturel                               + 97%

Crème fraîche                                      + 91%

Quel est le sens de cette surconsommation de jus de fruit ou de soupes a Paris ? Est-ce une manifestation de la connaissance éclairée des Parisiens en diététique ou bien une forme de détresse ? Pas simple.

Pour en savoir plus, nous avons lu les rapports des 10 équipes du Grand Paris. Leur diagnostic est clair :

« Étant donné :
- qu’on vit mal dans le grand Paris
- qu’on y est mal logé, parce qu’il y a pénurie de logements, que les logements existants autant que les nouveaux sont inadaptés à notre vie, qu’ils sont étriqués, trop souvent loin de tout, trop chers, trop bloqués, sans possibilités   d’évolution, sans les dégagements nécessaires. Toute la chaine de l’habitation, de la situation du SDF au logement bourgeois est concernée.
- que les équipements sont souvent trop loin et trop rares,
- que le circulation est difficile parce que les transports en communs ne sont pas assez fréquents, pas assez confortables et que le réseau est trop distendu
- qu’on est trop coupé de la nature »
(Lacaton & Vassal – équipe Jean Nouvel – livret 2 – p116)

« Paris Métropole a des ghettos.
Paris Métropole manque d’assurance.
Paris Métropole manque de cohérence.
Paris Métropole manque de gouvernance stratégique.
Paris Métropole manque d’identité singulière. »
(équipe Rogers – livret 2 – p45)
 

« Laurent Davezies a montré à plusieurs reprises que la crise de la « qualité résidentielle francilienne » était en train de mettre en panne le développement régional. »
(équipe Descartes – livret 1 – p61)
 

« il n’y a pas de fatalité à la « métropole invivable ».

(équipe Descartes – livret 1 – p 63)


« Cet affaiblissement de la performance francilienne s’accompagne d’une panne du bien vivre (…) la métropole n’est plus attractive. »
(équipe Portzamparc – livret 1 -  p38)

 

Bref, les architectes du Grand Paris l’ont dit, cette ville est pourrie dans bien des domaines à cause notamment de la concentration très importante de population (douze millions d’habitants). Malheureusement, après ce bon travail de diagnostic urbain, les grands architectes se sont perdus dans les conclusions à en tirer.

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PARTI PRIS

Les équipes du Grand Paris ont proposé des choses étranges :

« Paris, trop plein, a besoin de vide et doit offrir ce vide pour accueillir à nouveau ce et ceux qu’elle
a chassés hors d’elle. Son salut, désormais, en dépend. »
(équipe Nouvel – livret 1 – p70)

 

« Changeons d’échelle, de format, de dimension et considérons que finalement ce n’est pas Paris qui serait trop petit  (puisque l’on parle d’un grand Paris stigmatisant avant tout un petit Paris) mais le reste qui ne serait pas assez grand, ni dans sa lecture, ni dans sa constitution physique. »
(équipe Descartes – livret 1 –p11)

 

Là, nous avons ressenti une légère incohérence. Dire que Paris est invivable parce que trop grand puis suggérer comme seule solution à cela de continuer à agrandir Paris semble être une stratégie erronée.

Du coup, avec une stratégie erronée, ils ont proposé des choses bizarres.

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PROJET

Cet article du Parisien (18 novembre 2009) nous apprend que face aux nuisances sonores grandissantes de l’aéroport de Roissy, « le Grand Paris n’envisage pour l’instant que la plantation d’un million d’arbres dans le cône de bruit des avions. »

Bien sûr, cette compensation en arbres est intéressante mais semble tout de même limitée. Combien faut-il d’arbres pour compenser l’état des transports en commun ? Combien faut-il d’arbres pour compenser les difficultés pour se loger en Ile-de-France ? Nul ne le sait.

 

Pour notre part, nous pensons qu’il n’y aura pas assez d’arbres… Nous avons donc pris le problème sous un autre angle en envisageant de réduire Paris.

 

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Pour les parisiens qui ont senti du mépris dans notre texte, nous tenons à vous rassurer. Le mépris que nous accordons à vos conditions de vie a été évalué et validé par les architectes du Grand Paris qui ont établi une échelle de valeur très précise.

Les Parisiens dont les conditions de vie pourront être officiellement méprisées sont ceux qui habitent au sein des « types urbains à écarter » comme « la ville diffuse » (maisons individuelles et jardins et raquettes de lotissement)  ou les grands ensembles. (équipe Castro – livret 1 – p 156)

Les habitants de la « pseudo-ville » (logements pavillonnaires ou mimant l’haussmanien – équipe Castro – livret 1 – p166) ont également du souci à se faire, mais pas autant que ceux de la fausse ville (Evry en serait l’exemple le plus marquant puisque l’équipe Descartes veut en faire une « vraie ville » – équipe Descartes – livret 1 – p 79 à 81).

 

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Nous espérons que ces précisions permettront d’enrichir le débat qui se prolongera dans un livre que nous sommes en train de peaufiner. Nous en  reparlerons cet été.

 

 

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